L'édito du mois de Squaaly
Eh, dis Toto, combien égale 0 + 0 ? Ainsi posée il y a quelques semaines sur mon réseau, qui connaît plus les photos que les mots ou les chiffres, cette question revient aujourd’hui en ouverture de mon éditoto de septembre, mon édito de rentrée, durant laquelle il va falloir, peut-être plus qu’à l’accoutumée, tout compter. Plus que l’an passé en tout cas et plus que l’an d’avant. Compter les miettes, les poussières pour boucler tôt les fins de mois, et peut-être même les zéros faute de héros. Le décrochage de la tête à Toto n’est pas loin. Pour savoir à quoi ressemblera la prochaine tête à Toto, il va falloir faire le tri entre le bon grain et l’ivraie, défricher des programmes, les chiffrer et voter par deux fois, tout en sachant que, le dimanche 2 mai à 20h rien ne sera réglé, quelle que soit la tête du Zebulon, qui apparaîtra sur nos écrans.
En attendant, je me souviens que cet été, j’ai pesté contre les envahisseurs qui sont venus, dès les premiers rayons de la canicule, envahir les plages marseillaises.
J’ai pesté avant de moi-même partir ailleurs, envahir d’autres plages, peupler d’autres horizons, emmerder d’autres autochtones le temps de vacances bien méritées.
La roue tourne. C’est vieux comme le monde, ou plutôt vieux comme l’invention de la roue au milieu du IVe millénaire avant J.-C. en Mésopotamie et en Europe centrale, de ce que nous en savons, ici, à Marseille, évidemment.
La roue tourne et c’est ainsi : emmerdé un jour, emmerdeur le lendemain. Ce constat devrait amener certains à un peu plus d’humilité, car on le sait depuis des décennies, l’avenir est aux dérèglements climatiques de tous ordres. Cet été qui déroule ses dernières nuits a de grandes chances d’être le plus frais des 20 prochains…
Qui sait alors si nous, péquins moyens, un tantinet arrogants, un tantinet désespérés ou juste sans espoir, ancrés dans notre confortable sédentarité avec écran plat, autocuiseur et robot aspirant, nous ne serons pas demain sur les routes en quête de fraîcheur ou juste de clémence météorologique. Qui sait si demain ce n’est pas notre quotidien qui sera fait de tout petits riens, de ces « au jour le jour » qui, s’ils n’annihilent pas l’espoir, le mettent entre parenthèses.
Au train où vont les choses, train qui reste le moyen de déplacement le plus écologique comme nous le rappelle à chaque fois la SNCF, et le plus coûteux aussi, au train où vont les choses, donc, demain ou après-demain, nous pourrions bien être de futurs réfugiés climatiques à la recherche d’un minimum de bien-être quand la Bretagne ne sera plus notre planche de salut, quand nos régions les plus tempérées subiront les assauts répétés de canicules toujours plus chaudes, de pics de chaleur toujours plus « hot ». Alors, que diantre, un peu d’humilité en attendant l’humidité, et vive la fraternité et la solidarité.





















