

Le Nomad, premier lieu dédié à la musique et au jeune public à Marseille


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L'édito du mois de Squaaly
Il était une fois un lion. Un lion puissant et rugissant. Un lion superbe à l’imposante crinière aux allures de couronne. Il était une fois un lion, le roi des animaux.
Il régnait depuis la nuit des temps sur son petit monde, du cafard à l’éléphant en passant par le singe, la girafe ou la gazelle. Aucun de ses congénères n’ayant ourdi une révolution. Aucune prise de la Bastille, aucune décapitation ne sont venues faire basculer le monde animal de la monarchie à la république. C’est pourquoi on n’a jamais vu la trilogie « liberté, égalité, fraternité », celle qui ornemente le fronton de nos édifices publics donc de nos écoles, mairies et même de quelques rares églises, embellir l’entrée des tanières et autres terriers, ni même du plus petit nid à la cime des grands arbres de la forêt. Dès les premiers jours de la révolution française, ce rapport éminemment politique de l’homme aux animaux, cette « république des animaux » fut réfléchi, comme nous le rappelle l’historien Pierre Serna dans L’Animal en République, 1789—1802 (Ed. Anarchasis – 2016). Nos ancêtres révolutionnaires dénonçaient déjà, deux siècles avant Brigitte Bardot, la chasse, la corrida, les combats d’animaux ou la consommation de viande, et réclamaient même, apprend-t-on « un droit à la retraite pour le bétail !». Ni plus, ni moinse !
De quoi nous alerter aujourd’hui à l’heure de l’application de la réforme des retraites votée à coup de 49.3 il y a quelques mois comme un ultime étourdissement avant la fatale saignée à l’abattoir; et surtout de nous indigner suite aux propos racistes et haineux entendus sur des chaines de télés ou lus sur des fils de réseaux asociaux, après l’élection au premier tour de Bally Bagayoko et de son équipe à la tête de la Mairie de St-Denis.
Si le monde animal peut se targuer d’avoir aujourd’hui encore, un roi, ce n’est plus le cas en France. Notre République est basée sur l’égalité de ses citoyens. Pour être maire d’une commue française, il suffit d’être français. Cette nationalité ne signifie d’aucune manière, un quelconque seuil de dépigmentation.
Il était une fois un maire élu, il était un fois, Bally Bagayako !




