L'édito du mois de Squaaly
Je me souviens du monde d’après, d’après le Covid et ses confinements.
Je me souviens à gros traits et à l’encre effaçable de mes horaires de sortie.
Je me souviens d’un monde d’après, déjà rangé aux oubliettes du temps.
Aujourd’hui, alors qu’un autre monde est appelé, alors qu'un nouveau monde d’après fait surface, d’après la canicule, un monde qui ne dit que la conséquence et pas les causes. Un monde qui pense canicule plutôt que dérèglement climatique. Un monde d’après la canicule pour peu qu’elle touche à sa fin, au moment où elle débute juste…
Débute… Des buts, vous me direz c’est de saison, Coupe du Monde de ballon oblige.
J’aimerais juste qu’on arrête de courir, tel un footballeur lancé à vive allure, d’un monde d’après à l’autre, d’une catastrophe à une autre, d’un hypothétique futur à un futur sous climatisation.
J’aimerais qu’on entende le chant de ces Minots des cités de Marseille qui, au Silo, il y a une quinzaine de jours ont tout donné aux côtés de la formation Lia Naviliat (le 23), de la Compagnie Rassegna (le 24) ou du duo Birds on a Wire (le 25). Ils ont tout donné parce qu’ils ont été accompagnés, chouchoutés, et même, pour certains rappelés à l’ordre. Ils ont tout donné, même ceux qui disaient que ce n’était pas pour eux, ceux qui disaient « zut, flûte, crottes » et parfois même en des termes plus crus, car ils ont fini par se laisser prendre au jeu, au jeu des mots et de la musique, au jeu de la culture.
Les règles du jeu étaient clairement exprimées par une équipe d’adultes (cheffe de chœur, enseignants et enseignantes, staff d’encadrement…) qui croient au futur de ces Minots, et sont persuadés que leur futur se construit aujourd’hui, pas dans un monde d’après, après la prochaine catastrophe quand un pangolin devenu obèse restera coincé dans la gaine d’aération de la clim !
Bel été à toutes et tous !!!





















