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LES ÉDITOS DE SQUAALY

SQUAALY

Parrain du Nomad'

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Décembre  2022

Rien ne va plus. Les Iraniennes en ont ras le masque du voile et le font savoir au risque de leur vie ; pendant que les Chinois, à visage découvert, pestent aux cris de « Xi Jinping, démission ! » contre la politique Zéro Covid décidée il y a bientôt 3 ans par leur président.

Nos médias et leurs spécialistes des questions internationales suivent tout ça de très près, et nous vantent au nom de la nécessaire solidarité avec les peuples en voie de libération, le combat de ces héros de la démocratie. Des héros au côté desquelles les éborgnés, les estropiés, les abimés des manifestations du premier quinquennat Macron font pâle figure. Ainsi va notre monde de poissons rouges. Pour ce qui est du second quinquennat, Elisabeth Borne, la première des ministres de ce nouveau gouvernement a déjà vidé sur les députés de tous bords, en moins de temps qu’il ne faut pour mettre un chinois dans la rue et probablement plus vite que son ombre, le barillet complet - un 6 coups - de son colt 49-3, réduisant de fait nos parlementaires au silence. Il se dit dans les travées de l’hémicycle qu’elle ne va pas s’arrêter en si bon chemin. En effet, pas plus tard qu’hier, après avoir rechargé son arme, un 7ème coup vient de partir, donnant des allures de passoire à la démocratie à la française. A quand le coup de trop, le coup fatal ?

Quant au dérèglement climatique, n’en parlons pas. Tout début novembre, plutôt que d’avancer vers l’hiver, on se croyait au printemps, la saison de tous les renouveaux. Il parait qu’on a même vu dans certains jardins, des arbustes bourgeonner et même quelques sites internet se refaire une beauté comme si la saison des amours était de retour… Si, seulement notre nouveau site que je vous laisse découvrir d’un coup de clic, pouvait laisser présager d’un retour, en plein mois de décembre, de la saison des amours… S’il est trop tôt pour se prononcer, je vous donne toutes et tous, rendez-vous début janvier pour un nouvel édito qui fera peut-être le point sur la question des amours à moins qu’on revienne sur l’info qui vient de tomber : 2022 est d’ores et déjà l’année la plus chaude depuis qu’on enregistre les températures, c’est-à-dire un siècle bon poids.

Quoiqu’il en soit, bon bout d’an à toutes et tous et à l’année prochaine !

Novembre 2022

Un rituel quel qui soit, c’est bête et discipliné, et c’est en ça qu’il peut élever l’esprit, le libérer. Un rituel, c’est un rythme, une cadence presque une musique. Un rituel peut donc supporter le silence, la pause ou le soupir ; car le silence, la pause ou le soupir sont musique. Et parce qu’après le silence, la pause ou le soupir ou toute fraction de ces riens, de ces absences de son, tôt ou tard, revient la musique ; la musique de la vie qui précède souvent la musique du rituel. Sans vie, pas de rituel ! A l’identique ou sur un autre tempo, la musique est la preuve par neuf, par la nouveauté devrais-je dire, que la vie est toujours présente, que son souffle nous habite, nous construit, nous et notre futur.

Mensuel depuis des lustres, l’édito s’est tu un temps, quelques mois à peine, pour prendre de la distance, pour écouter les bruits de la ville et se laisser gagner par le silence avant de le répandre tel le semeur des pièces en franc de mon enfance. L’édito s’est tu pour mieux revenir à l’approche de l’hiver et qui sait même défoncer ses propres cadres aux premiers jours de l’an 23. Mais de ça, nous parlerons le temps venu, si ce temps vient à venir.

En attendant, de retour aujourd’hui, ce rituel édito se réjouit que cette année encore, le festival voué aux musiques et aux jeunes publics, imaginé et porté par Villes des Musiques du Monde (Aubervilliers) et le Nomad Café (Marseille)  ne gomme pas les spécificités linguistiques et territoriales de ces deux structures, qu’il invente une collaboration non-phagocytaire, une collaboration mano-a-mano qui comme une farandole enfantine entraine Minots et Mômes vers les salles de spectacle et l’art de manière générale.  Après la 8ème  édition de Babel Minots qui s’est tenue à Marseille du 23 mars au 2 avril, bienvenue à la deuxième édition de Babel Mômes qui déroulent sa programmation du 13 au 27 novembre au Point Fort d’Aubervilliers.

Bon Babel Mômes à toutes et à tous, de belles rencontres vous y attendent et à très vite pour un prochain rituel, pour un nouvel édito.

Juillet 2022

Le Président a perdu son absolue majorité…C’est clair, net et sans appel. C’est, à l’instant “t”, définitif, sans retour. Un truc consommé. Acté comme le jour où le président a perdu sa virginité électorale. Le puceau n’est plus, vive le plus sot ! Celui qui feint de croire qu’il a été élu sur un projet. Bienvenu à lui dans un monde où en même temps, l’on n’est pas de droite et de gauche, où l’on ne prétend pas être un rempart contre la droite extrême, tout en étant incapable d’appeler à voter contre.

Un monde où les riches, les plus riches des riches sont encore plus riches et les pauvres, pas que les plus pauvres des pauvres, de plus en plus pauvres !

Ce monde des grands, ce nouveau monde qu’on nous a vendu comme inéluctable, il va falloir le bâtir de toutes pièces, déposer nos certitudes au fond d’un pilon et apprendre à échanger, écouter, dialoguer voire trialoguer et plus si non affinité. Il va falloir sans embrouiller, expliquer, composer et surtout inventer sans attendre car la maison brûle. Un Français sur deux n’a pas été voté.  La maison brûle. Records de chaleur et sécheresse. La maison brule. Guerre en Europe et ailleurs.

La maison brûle et la lune est si loin !

PS : Bel été à toutes et à tous. N’oubliez pas les glaçons.

Juin 2022

« j’aimerai ben… mais j’peux point ! » comme le fredonnait la bonne du curé, sur le refrain d’une rengaine d’antan : « J’aimerai ben… mais j’peux point pratiquer le sport. ». C’est rédhibitoire ! J’peux pas ! Pas que je sois athée en matière sportive. Je crois à ces vertus, ses bienfaits, mon dos en tout cas, le reste fonctionnant plutôt bien pour l’instant, mais j’peux pas. Je serai plutôt un croyant non pratiquant. Chez moi, point de génuflexion quotidienne, de longue session debout sans bouger, les mains jointes à hauteur de torse. Pas d’inclinaison à répétition, ni de baiser au sol, en gardant qui plus est le dos bien rond, ou si occasionnellement que cela ne compte pas. Comme la bonne du curé, « j’aimerai ben… mais j’peux point ! ».

Des événements récents ont eu tendance à me faire rejoindre le camp des pratiquants orthodoxes, voire intégristes, de ces fous de sport qui ne jurent que par leur sacré saint footing matinal, ne voient de rémission que dans l’entraînement quotidien, de salut que dans la pratique acharnée devant la fonte : « Soulève, c’est mon corps. Transpire c’est ma sueur. ». Les vertus du sport me sont apparues comme dans un songe aux lendemains tristes d’une finale de coupe d’Europe de ballon rond, de la finale de Ligue des Champions entre Liverpool et le Real Madrid comme disent les initiés, finale qui devait se dérouler sans encombre à St Denis, lieu saint du royaume de France, célèbre à travers le monde pour sa basilique et son SdF, son fameux Stade de France, plutôt qu’en Russie, car bannie des rencontres européennes depuis son invasion de l’Ukraine.

Je ne reviendrai pas ici, sur cette guerre, ni sur l’organisation désastreuse de cet événement à deux ans des Jeux Olympiques à Paris, pour ne m’intéresser qu’à la doctrine du maintien de l’ordre défendue à nouveau ici par Gérald Darmanin. Notre Ministre de l’Intérieur tout juste reconfirmé dans ses fonctions régaliennes, ne semble pas avoir modifié d’un iota sa stratégie en la matière depuis l’ère des manifestations de Gilets Jaunes. Gérald aime les manifestants « d’un amour qui fait mal » comme le chantait Boris Vian au milieu des années 50. Pour mémoire, ces week-ends à répétition de manifestations ont totalisé côté manifestants, triste comptabilité, une treizaine de morts, des centaines de blessures à la tête ou aux membres inférieurs… un bilan dont notre démocratie mal en point se serait bien passé.  Cet amour qui fait mal, ces rapports contraints, forcés avec la police n’ont jamais été désavoués. Le désordre et la violence en réponse au désordre et à la violence, un dogme assumé ! Cette doctrine du maintien de l’ordre n’a été que fort peu remise en cause, contestée et passée au crible.  Il aura fallu attendre les évènements de cette finale pour que nos ami.e.s britanniques d’abord, espagnol.e.s plus récemment réclament des compléments d’enquête, des éclaircissements quant à cette gestion du maintien de l’ordre. Ne peut-on trouver d’autres issues à la violence que la violence, ne doit-on, ne peut-on rien mettre en place en amont pour éviter de tels agissements. Il se pourrait bien que ce soit par le biais de suites de cette rencontre sportive que la gestion de forces de l’ordre soit passée au crible et qui sait, révisée ?  Alors si le sport permet ça, moi je veux bien retourner faire quelques assouplissements, avec modération comme il se doit !

 

Big Buddha Parrain du Nomad Café et à ce titre éditorialiste du bulletin paroissial du Nomad Café !

Avril 2022

Comme des destins qui se superposent, calque contre calque, se confrontent et racontent notre monde ; la 8ème édition de Babel Minots qui vient de fermer ses portes avec le succès que l’on sait, un sold-out sur chaque spectacle, avait comme pendant, à quelques 2500 km de nous, des enfants, mais aussi des hommes et des femmes, des civils et des soldats qui mouraient sous les bombes ou lors d’escarmouche, comme on meurt trop souvent lors de conflits tout autour de la planète.

Ces odeurs de guerre, ce goût de la mort violente qu’on avait presque oubliés par ici, nous rappellent qu’au troisième millénaire, on ne sait toujours pas régler un conflit autrement qu’à coups de massue, façon homme des cavernes. Pire, on continue de vendre des armes de plus en plus sophistiquées, tout en s’étonnant, des larmes à l’œil qu’elles fassent des morts. Que deviendront ces enfants qui ont perdu un bras, une jambe ou un parent voire les deux ? Que pèsent-ils dans la balance de notre commerce extérieur ?

« A la guerre comme à la guerre » disaient certains. « A la paix comme à la paix » répondait Prévert. A la paix comme à la paix, peut-être un jour !

Janvier  2022

Premier édito de l’année toute en 2, sauf un zéro bien nul dont on se serait, dont je me serais en tout cas, bien passé… Je l’avoue, j’aurai adoré signer le premier édito de l’année 2222… Mais en janvier 2222 j’aurai déjà 260 ans. Ne comptez pas sur moi ! Ne comptez plus sur moi, j’aurai mieux à faire… comme manger des pissenlits par la racine ou que sais-je encore, servir de déco, perché sur le rebord de l’écran plat, dans un tube à essais plein de cendres… Même sucrer des fraises me sera alors hors de portée… Mais bon, sans foncer jusqu’à 2222, contentons-nous de tracer notre route en pleine dystopie…

La dystopie est à l’utopie ce que le cauchemar est au rêve… Dans quelques dizaines d’années, les problèmes dont on ne parle toujours pas assez aujourd’hui, n’en serons plus… Le dérèglement climatique sera acté. Des glaciers auront fondu. Le niveau de la mer aura grimpé de quelques centimètres par ici de quelques dizaines de centimètres par là, et votre plage au tropique (Cancer ou Capricorne), votre paradis pour touriste esseulé ne sera plus qu’un magnifique fond sous-marin où l’on pratiquera le snorkeling autour des restes du bar d’un palace au nom hollywoodien.

Quant aux habitants et habitantes ; ils, elles auront, pour ceux et celles qui courent, qui nagent, qui rament assez vite, pris la poudre d’escampette et se seront réfugié.e.s depuis des lustres dans des zones plus tempérées. Ici, par exemple ! Il ne sera plus alors question de grand remplacement, mais d’un maousse costaud remplacement par des êtres humains qui ne chercheront pas à nous envahir comme le ressassent certains, mais juste à sauver leur vie et celle de leurs proches, des êtres humains qui espèreront juste alors que nous leur fassions une petite place. Et comme notre éducation judéo-chrétienne celle qu’on nous vante et ses sacro-saints adages nous auront appris à aimer notre prochain comme nous-mêmes, nous ne saurons dire non.

Quand la mer monte, il faut savoir dire oui ! Alors, je dis oui ! Je dis oui et n’attends pas des jours pires pour trouver des solutions !

Sur ce, bonne année à toutes et à tous, on a encore un peu de temps… mais tout va si vite !

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