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LES ÉDITOS DE DON VITO SQUAALY

PARRAIN DU NOMAD' CAFÉ

NOVEMBRE 2020

Ce matin 5 novembre 2020, cinq minutes après 9 heures, des dizaines de Marseillais et Marseillaises, habitants et habitantes de Noailles et d’ailleurs, plus d’une centaine, deux peut-être - compter n’a jamais été mon fort - étaient réunis rue d’Aubagne(*).

En silence d’abord, un silence de mort pour rendre hommage à Taher, Julien, Marie-Emmanuelle, Chérif, Fabien, Simona, Niasse, Ouloume, pour dire aux familles de ces huit disparus et au monde que nous ne les avons pas oubliés, que nous ne les oublierons pas et que nous ne pardonnerons pas non plus tant que la justice ne sera pas rendue.

Ce matin 5 novembre 2020, cinq minutes après 9 heures, nous nous sommes recueillis.

Des yeux tristes, des yeux rouges, des larmes parfois et ce silence bien plus long qu’une simple minute de silence, bien plus fort que huit minutes de silence mises bout à bout, plus intense aussi, plus intense surtout.

Puis les voix de Saléha de d’abord, de Nadia ensuite, chantant en anglais, en kabyle, et ce “Mon Amie La Rose” aux paroles revisitées avec juste une guitare pour accompagner la complainte de ces marseillais et marseillaises qui ne dorment plus, de ces humains qui continuent de croire au vivre ensemble. 

Vivre ensemble, ce n’est pas rejeter l’autre plus loin. Vivre ensemble, c’est croire en Noailles et en ses enfants ; des enfants qui l’ont dit avec leurs mots au fil de lettres lues par des adultes qui les accompagnent au quotidien. Des mots comme des rêves d’enfants,  qui parfois songent à des maisons avec piscine et souvent juste à un quartier sans rat et bouteille d’alcool cassée, sans insulte et sans racisme. Des rêves que nous avons tous eu. Des rêves qu’il est bon de se remémorer pour penser avec eux au monde de demain, pour panser ensemble leur monde !

 

(*) Ce rassemblement était déclaré en préfecture et autorisé par le Préfet.

OCTOBRE 2020

Il y a peu, c’était la rentrée, je n’avais rien à vous dire et vous le faisais savoir à pleins mots, m’interrogeant de ligne en ligne sur le vide et la covid qui nous occupaient alors, nous envahissaient, nous absorbaient et nous déréglaient.

Tout  le monde espérait, mais personne ne savait vraiment !

Certain.es craignaient une seconde vague, tandis que d’autres quittaient déjà leur abri, persuadé.es qu’il n’y aurait pas de rebond, pas de retour d’infection ; que le mal ou plutôt la maladie était dernière nous. On disait tout et son contraire… et je ne me privais pas d’affirmer que je ne savais pas mais que bon comme tout à chacun, j’avais ma petite idée.

Car ici aussi, le syndrome du “tous entraineur” règne…

Ici aussi, dans la ville de l’OM, on sait et parfois mieux que d’autres.

Au Nomad, ce n’est pas l’OM, mais plutôt le Football Club de Septèmes-les-Ballons. Une équipe qui ne se la ramène pas mais avance pas à pas sur le tableau noir des comptes hebdomadaires. Forcément la pression est moindre, les stratégies plus lisibles et, de notre banc de touche, on peut aisément voir venir, analyser et se projeter. C’est ainsi que le Nomad a su ces dernières années devenir autre chose qu’une simple salle de concert. Du soutien aux formations via des répétitions ou des résidences à la création du Festival Babel Minots, l’équipe du Nomad Café a engagé un travail en direction du jeune public. Du jeune public et de son rapport à la musique, pour ne pas laisser aux grosses machines de l’industrie le soin d’ouvrir les oreilles de nos minots.

Le virage et pas que celui réservé aux supporters, est aujourd’hui pris. Le match est engagé même si la brume du moment n’offre pas la meilleure visibilité. Le but est droit devant, il n’y a plus qu’à avancer balle au pied pour la loger à l’instant “t” au fond du filet. C’est là qu’entre en jeu la troisième équipe, celle des supporters. Elle est primordiale. C’est elle qui porte, emporte et enfonce les lignes. C’est elle qui depuis les travées enflamme l’arène et participe à la victoire en chantant.

Aujourd’hui plus encore qu’hier avant les mésaventures du pangolin, on a besoin de vous. Le Nomad a besoin de vous. Les artistes, les salles et tout ce microcosme ont besoin de vous, ont besoin de vous retrouver. 

À bientôt. 

 

SEPTEMBRE 2020

Parler pour ne rien dire ! Et si c’était ça, la vie ? Parler, pour ne rien dire ou dire tout, tout et son contraire, parce que la vie est incertaine, parce qu’on ne sait jamais et que tout peut changer voire s’arrêter d’un instant à l’autre.

Alors à quoi bon ?

Un jour, il fallait avancer démasqué, sans cagoules ni foulard, parce que la démocratie ne pouvait supporter de tels outrages. Parce que sans sourire même descendant, le vivre ensemble est paraît-il impossible. Il fallait qu’on te voie, qu’on te respire…

Et puis, sans rien changer, on a dit non aussi aux masques, parce qu’on ne savait pas les utiliser, parce qu’on risquait d’en faire des strings ou des patins, qui sait peut-être même des lance-pierres ou des frondes ? Donc non, non et non ! Pour finalement dire oui, oui et oui ! De temps à autres d’abord. Pas partout. Dedans, pas dehors, puis dedans et dehors, et finalement tout le temps. Certains ne sont aujourd’hui pas loin de penser qu’il faudra bientôt le porter aussi à la maison, car c’est à la maison qu’on se contamine, le plus, qu’ils disent !

Dire tout et son contraire, dire le contraire de tout, parler pour ne rien dire parce on a rien à dire, ou presque, c’est aussi mon cas. Je ne sais plus sur quel pied danser car on ne danse plus. Plus de concert, plus de rendez-vous, juste peut-être une sortie de disque à l’horizon sans que Temenik Electric ne sache vraiment vers quel ciel, il doit regarder pour fixer au loin une date.

Alors on fait comme si, on se raconte des histoires, on élabore des scénarii et on finit par parler pour ne rien dire parce qu’on a rien dire. Ça tiendra le temps qu’ça tiendra.

On en reparle en octobre ?

 

 

JUILLET 2020

Certains, certaines prévoyaient le pire et le pire n’a pas eu lieu, la Bonne Mère est toujours juchée sur le toit de la ville, qu’elle domine tout en regardant au delà des horizons. Elle a juste changé d’orthographe, un changement anticipé en provençal, langue dans laquelle la mère, la maman, s’écrit déjà maire.

 

Après 25 ans de bons mots d’un professeur d’Histoire et Géographie qui a fait de la politique son métier et de vieux maux d’une ville qui n’a plus les moyens de ses ambitions, et dont l’équipe municipale a délaissé, abandonné certains de ses quartiers et de ses habitants, Marseille s’est réveillée en ce début d’été avec une Maire, une Bonne Maire, nous dira - ou pas - l’avenir.

 

Ce qui est sûr c’est qu’une page est tournée.

La suite reste à écrire.

 

A nos stylos, car le Marseille de demain ne se fera pas sans les Marseillais, les Marseillais de tous bords, qu’ils appartiennent au camp du Printemps Marseillais ou pas, qu’ils aient glissé un bulletin dans l’urne ou qu’ils soient partis à la plage.

 

Marseille ne se fera pas non plus sans les institutions départementales, métropolitaines et régionales qui, si l’une d’entre elles ou les trois venaient à parier sur le déclin de Marseille, feraient non seulement reculer la ville de plusieurs cases sur l’échiquier national et méditerranéen, mais aussi de facto ces entités administratives, comme un trait de domino tout entier tombe à la renverse quand une de ses extrémités chancelle.

 

Bon soleil d’été à toutes et à tous.

 

AVRIL 2020

Une fois n’est pas coutume, mais bon, l’édito du mois d’Avril est à écouter ici (https://soundcloud.com/user-661607138/nova-confi2020-03-26) sur le soundcloud Baba Squaaly se confi(n)e (https://soundcloud.com/user-661607138) sur lequel je compile depuis bientôt plus de trois semaines mes chroniques dans la Grasse Matinale, la tranche (8h/12h) animée par Armel Hemme et Thierry Paret sur Radio Nova.

Cette chronique s’ouvre sur un  montage de tranches de rire piochés dans deux interviews que j’ai réalisées le mois dernier. La première réunit Kamel Dafri et Mehdi Haddjeri, les deux surveillants généraux de Babel Minots en amont de la dernière édition, sitôt commencée, déjà refermée, et la seconde quelques rires prélevés dans l’interview de Francine Baoussida Ouedraogo et Aude Kaboré, les deux taulières du Makeda à la veille du premier anniversaire de leur club, rue Ferrari.

Le défi était simple : te faire sourire sans aller à la pèche au poisson d’avril, une pêche qui cette année risquait fort de ne pas être miraculeuse.

Pari réussi, il me semble… Alors continuons sur cette lancée… Dégainons notre plus beau rire et soyons inventif, imaginatif et créatif car on va tous - ensemble et séparément – être dans la merde, ça c’est sûr ! Mais quitte à patauger dans la fange, essayons pour en sortir par le haut de trouver de nouvelles voies, d’autres repères, d’excitants paradigmes pour se dire, qu’ au final ; on n’aura pas traversé tout ça pour rien !

MARS 2020

Confiné, mis à l’abri, en petite quarantaine (une trentaine  jours suffisant), l’édito de ce mois-ci sera par crainte de propagation d’un couillonovirus électoral,  silencieux. Mes seuls mots seront ceux du citoyen qui chaque dimanche de votation se rend aux urnes, non pas comme les Dalton se rendent à Lucky Luke, mais plutôt en espérant que son petit bout de papier aura la force de ses convictions. 

Bonne votation à tous. Demain est un autre jour !

FÉVRIER 2020

Cet édito est crédité d’une ribambelle de deux et de zéro : 02-2020, comme une sorte de nouveau langage informatique, de langage 2.0 qui enverrait au pilori l’antique algèbre binaire qui se contentait des valeurs 1 et 0, oui ou non, ça marche ou ça marche pas, ouvert ou fermé. Cette nouvelle norme pourrait très bien signifier : inscrit ou pas inscrit. 2 pour inscrit et 0 pour pas inscrit. A chacun alors de se poser la question de son statut de citoyen, avant de peut-être même ériger une statue au citoyen inconnu, mieux à l’électeur inconnu qui sommeille en chacun de nous, de s’interroger quant à son rapport au choix de ceux qui conditionnent notre vie de tous les jours, en un mot comme en neuf : de sonder les fondements de sa propre condition d’électeur. Un sondage dont il faudra que chacun ait impérativement fait ressortir les grandes tendances avant la Saint-Glinglin si il souhaite rejoindre le clan des 2. Pour info, la Saint-Glinglin s’épingle cette année dans notre calendrier laïc à la date du 7 février, dernier carat.

Si jamais, cet édito réveillait ton âme d’électeur, sache que tu n’es pas seul, en croire la foultitude de nouveaux inscrits sur les listes électorales, et que comme pour eux, une simple virée de quelques minutes (- de  10, assurément)  sur le site du service public (www.service-public.fr) ou dans un bureau municipal, équipé.e d’une photo ou d'un scan, d'une pièce d'identité et d'un justificatif de domicile, suffira à te rendre compatible avec la prochaine élection des huit maires de secteur, qui auront eux tout le loisir ensuite de choisir notre prochain maire de Marseille. Ainsi va la vie des Goudes à l’Estaque, du Vieux-Port aux Aygalades, des Crottes aux Trois-Lucs.

 

 

JANVIER 2020

Minot, l’an 2000 était un objectif lointain. On en rêvait sans être réellement capable d’imager ce futur, traçant sur notre télécran les contours approximatifs de lendemains différents, entre anticipation et science-fiction.

20 ans après l’an 2000, on rêve encore !

On rêve de voir enfin s’enfoncer dans les ténèbres le casting vieillissant des années d’après-guerre, qui de Deferre à Gaudin, a plongé cette ville soleil dans une macabre obscurité, propice à nos siestes. On rêve jusqu’à ce que sonne notre réveil, et qu’on se dise que 2020 c’est notre année ! Qu’il faut y aller ! Que notre avenir plus encore qu’il y a 20 ans se joue maintenant !

 

Bonne année à toutes et tous !

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