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LES ÉDITOS DE DON VITO SQUAALY

PARRAIN DU NOMAD' CAFÉ

DÉCEMBRE 2019

A tous ceux qui réclament un service minimum de l’édito, qui en ont marre d’être pris en otage sans rien à lire en début de mois entre deux posts facebook et une conversation sur les boulots qu’ils oublieraient bien d’avoir fait, comme celui de cueilleur de navet, mais que leur dos s’y refuse, je dirai juste :

                      « JE SUIS EN GRÈVE ! »

En grève illimitée et reconductible, autant qu’honorifique comme l’est ma fonction d’ailleurs. En grève afin de défendre mon droit à la retraite. En grève, n’en déplaise à certains politiques, à certains éditorialistes, à certains-certaines. En grève parce que maillon de la chaine, je ne suis rien et, qu’ensemble, maillon après maillon, coudes serrés, nous sommes la chaine qui peut se gripper aux premiers froids de l’hiver. Alors, oui, je fais chier à revendiquer mon droit à la retraite, ma part de contrat social, mon envie de partage, de solidarité intergénérationnelle et surtout mon droit à ne pas aller bosser le matin quand on l’a assez fait, le droit à prendre le temps, le temps de faire et celui de défaire, le temps de ne rien faire aussi ! Je fais chier, je sais.

 

Si le travail ne m’a jamais rendu libre, il y a certaines dépendances, certaines addictions que j’ai aimées plus que d’autres je l’avoue et que j’aimerai peut-être jusqu’à mon dernier jour, qui sait ? C’est peut-être pour ça qu’aujourd’hui, en ce jour de grève à mon poste de travail en tant que Parrain du Nomad Café, il faut que je m’explique, que je justifie mon action non-violente, bien que chargée jusqu’à la gueule de sens, tous plus explosifs les uns que les autres; et, que de fait, je me transforme en mon propre jaune, mon propre briseur de grève. Quand je te disais qu’il y a des dépendances, des addictions même que j’ai aimées et que j’aimerai peut-être, ou probablement, jusqu’à mon dernier jour. 

 

Bonne grève à tous ! Ce n’est pas la mort, juste une envie de vie et crois-moi si il ne tenait qu’à moi, cette envie de vie nous prendrait bien plutôt. Ceci dit, ce n’est pas tout ça, j’ai du taf qui m’attend avant le break que je te souhaite bon, bon et bon ! 

NOVEMBRE 2019

Je me souviens que ce lundi matin après avoir pris mon café chez un des dealers de jus noir de la Plaine où j’ai mes habitudes, je tourne autour du mur qui encercle la place depuis tout juste une semaine. Dans les interstices, entre deux bouts mal joints, j’observe ce qui peut bien se tramer derrière ; quand une alerte de la Provence sur mon téléphone qui fait tout sauf le café, m’annonce l’effondrement de la rue d’Aubagne. Immédiatement inquiet pour Joaquim, un de mes amis et sa famille qui vivent dans cette rue trait d’union entre ville basse et plateau, entre cours St-Louis et cours Ju’, je tapote son nom et cherche à le joindre. En vain. Personne pour décrocher. Personne pour me répondre. Personne pour me rassurer.

Il n’est pas 9h30 quand j’enfile d’un pas pressé les rues, dévalant la pente, bousculant à hauteur de l’entrée des prépas du Lycée Thiers, quelques rares et studieux élèves qui ne sont pas préparés à la l’affreuse nouvelle en encore moins à la subite collision. Emporté, je traverse Lieutaud, plonge dans Noailles par la rue de l’Académie jusqu’à croiser Aubagne-street. Les Pompiers au  loin, en amont, la poussière aussi, tout près de chez mes amis, me font craindre le pire, avant de découvrir que le pire n’est pas chez eux, mais en face chez eux, juste quelques mètres en contrebas.

Sonné, sans nouvelles et inutile, je quitte la rue. 

Ce n’est que vers midi que la voix de Joaquim me rassure dans un premier temps avant de me lâcher « On ne nous le dit pas encore, mais il y a des morts sous les gravats. On le sait. ».

La suite, tout le monde la connaît. La suite, c’est huit prénoms sans vie - Ouloume, Simona, Fabien, Chérif, Taher, Julien, Marie-Emmanuelle, Niasse – qu’on partage, qu’on répète depuis tous les 5 du mois, Place Homère, à quelques mètres du trou pour ne pas les oublier. On ne vous oubliera pas.

Cet effondrement n’a pas laissé qu’un trou rue d’Aubagne, qu’une carie dans cette artère tout en pente, il a mis en évidence, comme un flagrant délit le mépris de notre maire et de ses sbires pour une partie de leurs administrés, pour les plus pauvres de leurs administrés, pour les gens de peu, comme les nommait Léon Gontran Damas, dans un texte – Nous les gueux, nous les peu - adapté par Radio Babel et clippé entre Noailles et Plaine, un an avant l’effondrement. Y a pas de hasard.

Qu’attendons-nous ?, comme l’écrivait en 1956, le poète né en Guyane, ami d’Aimé Césaire et Léopold Sédar Senghor. Qu’attendons-nous ?

OCTOBRE 2019

La mort prévisible de Jacques Chirac, ancien président de la République Française - on ne retiendra que cette fonction, tant sa vie professionnelle s’est cantonnée à arpenter les allées du pouvoir, cumulant par exemple, entre mars 77 et mars 79, les postes de Maire de Paris, Président du Conseil Général de Corrèze, Député de la 3ème circonscription de ce département et Président du RPR - sa mort donc, n’a pris aucune rédaction de court. Preuve en est : les nombreuses émissions spéciales, multiples interviews et milliers d’images archives endurés ces derniers jours. Cette disparition a au moins eu le mérite de ressortir des placards quelques cruciaux témoignages.

Il en est un qui me tient particulièrement à cœur parce qu’il éclaire d’un nouveau visage, ce qui, avec les préparations de l’enterrement, a fait de l’ombre au nuage de fumée qui plombe désormais l’horizon rouennais, à savoir les propos d’Eric Zemmour le week-end dernier lors de la Convention de la Droite, et leur retransmission in-extenso sur la chaine d’info en continue LCI. On y voit un certain 19 janvier 2002, un Eric Zemmour forcément plus jeune, invité de Tout le Monde en parle, à l’occasion de la sortie de L’Homme qui ne s’aimait pas, un livre que le journaliste car journaliste il était à l’époque, consacra il va sans dire à Jacques Chirac. Zemmour répond à une interview Vérités, dont  Thierry Ardisson, l’animateur de l’émission a le secret. On passera sur les difficultés relationnelles du Président et de son père, de son goût pour les femmes de bonne famille et le cul des vaches, pour ne retenir qu’une info, une seule : l’apparente bonne santé mentale du journaliste qui nous abreuve ici de détails sur la vie du Jacques Chirac, le sujet de son livre, mort en roi. 

Effectivement, à l’époque, aucune obsession religieuse, aucune crainte maladive de perte de virilité, aucune phobie chronique du grand n’importe quoi, théorie conspirationniste chère à l’extrême-droite ne vient parasiter le verbe du l’homme qui signe d’un Z qui veut dire Zemmour. Son phrasé limpide et sans emballement est au service d'un discours clair qui s’appuie sur des faits, des observations minutieuses; reconnaissant même une erreur quant aux organisateurs d'un rendez-vous qu'il mentionne. 

On devine alors que la maladie n’a pas encore altéré ses capacités intellectuelles. Peut-être était-il alors porteur sain, mais rien ne nous le laisse deviner aux vues de cet extrait qui a plus de 15 ans. On comprend, alors, que le problème d’Eric Zemmour n’a rien à voir avec la liberté d'expression, le racisme ou que sais-je encore. Non, Eric Zemmour est juste malade et à ce titre, il doit être soigné, peut-être même interné ! Aux frais de la collectivité, il va s’en dire, car il me semble normal que nous contribuions tous à sa guérison au titre de la solidarité, qui est une de nos plus belles de nos valeurs, si ce n'est la plus belle !

Eric Zemmour est malade, point barre, un malade contagieux, qui plus est. Mais ce mouvement de solidarité qui nous pousse à l’accompagner dans un premier temps jusqu'au cabinet médical le plus proche, ne peut tout excuser. Puisqu’il existe des lois pour combattre le racisme et ses expressions et il le sait, car déjà condamné pour ses propos, elles doivent être appliquées; à moins que des médecins aux vues de ses images d’archive, constatant la dégénérescence intellectuelle intervenue depuis, principal symptôme de sa maladie neurologique, le déclarent irresponsable. Sa verve ne méritant alors de fait, guère plus d’attention que celle du Tonton déjà bourré avant même l’arrivée du plateau de fromages, lors des repas de familles.

SEPTEMBRE 2019

Parce qu’à prendre son temps, on ne le perd jamais ou presque !

Si aujourd’hui, nous sommes légion à remettre au lendemain, si aujourd’hui nous sommes nation et même procrastination, c’est que, quoiqu’on fasse, quoiqu’on dise, avec ou sans nous, la rentrée aura toujours bien lieu.

Ainsi, tout le monde finira toujours par reprendre ses petites habitudes, son métro-boulot-dodo, son petit train-train quot-quotidien (spéciale dédicace au Coq Maurice dont le cocorico matinal a défrayé la chronique sur l’Île d’Oléron et ailleurs). Pour ce qui est du boulot et du dodo, l’été m’a confirmé que, comme à chacun d’ailleurs, j’ai mes préférences, adoubant plutôt l’un que l’autre. Pour ce qui est du métro et plus largement des transports en commun de la deuxième ville de France n’en déplaise à mes amis lyonnais, la chose est plus complexe. En effet, m’apprêtant une fois de plus à pester contre la faiblesse des services de la Régie des Transports Marseillais, j’ai eu la surprise de découvrir à la lecture d’un papier du média en ligne Marsactu, qu’il existait une ligne secrète reliant chaque été, la Place Castellane à la Madrague de Montredon et que ses horaires ainsi que la liste de ses arrêts s’échangeaient sous la chemisette entre habitants, sans aucune communication grand-public, avec comme conséquence immédiate la perte de la notion de “pour tous”, notion qui réunit égalité et fraternité, deux des trois principes républicains qui ornementent le fronton de nos écoles et mairies, et rappelle le cap à notre société par grand vent.

Quel idiot, étais-je ! Quel idiot et quel râleur ! Marseille est probablement sur le modèle de cette ligne en filigrane, doté d’un magnifique et exemplaire réseau de métros, bus et navettes maritimes et je n’en sais rien. Tenu secret comme les souterrains des châteaux forts ou les portes dérobées des palais royaux, il fonctionnerait parfaitement bien, offrant aux seuls initiés, à ceux qui savent, à ceux qui sont dans les petits papiers, la possibilité de circuler sans entrave dans cette ville immense. Ce réseau discret, dérobé, caché, leur serait réservé ; laissant apparaître comme à à travers un filtre magique une ville dans la ville, une ville exemplaire faite d’harmonie plutôt que de chicaneries et de discordes, une ville apaisée sous la violence du béton et de l’asphalte, une ville rassemblée autour du bien commun plutôt que morcelé sous les intérêts particuliers et le clientélisme, une ville aux logements dignes sous les gravats et les arrêtés de péril imminent.

Pourquoi, nous, Marseillais.es d’hier ou de toujours qui ne demandons qu’à faire nation ici ; pourquoi n’y avons nous pas simplement accès ? Peut-être parce que nous avons trop attendu des lendemains qui chantent, trop cru que notre ville était un village et nos maires des coqs en pâte dont le seul cocorico suffisait à réguler notre quotidien, nos besoins et nos désirs.

 

JUILLET 2019

Raymond du fond de son lit en barre, s’est fait rattraper… et ça repart ! Faites ce que je dis, pas ce que je fais… Raymond avait à son décès en 2007, 6 738 745€ dissimulés sur un compte d’une banque de Bâle. « Petit trou pour notre économie », diront certains, et « gouffre pour notre éthique politique », rétorqueront d’autres ! Père la morale, rond comme un point,  Barre fut successivement ou conjointement prof à la fac, membre du Conseil général de la Banque de France, député-maire de Lyon, ministre du Commerce extérieur, Premier ministre et vice-président de la Commission européenne.  Raymond avait quelques belles économies (normal pour celui que Valéry Giscard d’Estaing surnommait le meilleur économiste de France), économies dont il faudra bien un jour connaître la source puisque n’apparaissant pas au relevé annuel de ses revenus. Docteur Jekyll et Mister Hyde !

Plus récemment et sur un autre terrain, d’autres adeptes du double-face, ont été pris pieds et poings déliés dans le sac du grand nimporte-nawak ! Après le bombardement d’un camp de détention de migrants non loin de la capitale Tripoli, qui a fait plusieurs dizaines de morts et une centaine de blessés, L’Europe et ses dirigeants se sont émus, tout en continuant de refuser aux associations de sauvetage en mer, la possibilité de porter assistance aux naufragés. « Ne faites pas dans des mares rouge de sangs, ce que je fais dans la mare bleu azur » devait marmonner ces têtes démocratiquement couronnées.

« Faire ce qu’on dit » et « dire ce qu’on fait » sont les deux leviers qui peut-être nous sortiront du bourbier dans lequel nos sociétés s’empêtrent. Pour ma part, je m’y emploie dès maintenant : Bon été et rendez-vous en septembre !

JUIN 2019

A quelques jours d’intervalle, le résultat des élections européennes et l’annonce du bilan carboné de la cinquantaine de paquebots maousse-costauds en rade de Marseille qui polluent autant qu’un quart de la circulation automobile, ont joué un terrible chaud-froid sur notre moral. Si, le score à la hausse des Verts pourrait laisser croire à nouveau à une amorce de prise de conscience, à un début de responsabilisation quand au devenir de la terre, le sombre bilan des hôtels flottants qui pendulent de port en port et noircissent nos façades et poumons, nous rappellent que rien n’est gagné. Certains sur le pont à la Mairie, au Département, au Port ou plus directement chez les croisiéristes opposent dans la presse, pollution et emploi. A les écouter, nos futurs cancers et autres pathologies pulmonaires ne pèsent pas grand-chose dans la balance de l’emploi. Il est vrai qu’un malade en phase terminal ou non, ne sera jamais comptabilisé dans les colonnes des chômeurs !

MAI 2019

De l’art de ne pas prendre une invitation pour un ordre.

Tout récemment, en avril dernier, au plus fort de la fronde des Gilets Jaunes, des manifestants ont lancé à l’intention des policiers une invitation à se suicider, provoquant une véhémente salve de réprimandes de la part de nos démocrates patentés. Si, on ne saurait ici, encourager l’invitation au suicide à l’adresse de qui que ce soit, à commencer ou à finir par des personnes en uniforme fragilisés par des week-ends sur le terrain, on est en droit dans la foulée - petite ou grande - hâté par quelques tirs de lacrymos soutenus par des lancées de balles de défense, d’admettre, de reconnaître que cette invitation tient plus de l’appel malhabile et nihiliste à la désobéissance que de l’encouragement au fatal passage à l’acte.

Qui peut souhaiter la mort d’hommes ou de femmes applaudis lors des manifestations post attentats? Les policiers ne sont que le bras malheureusement armé ici en France, du pouvoir qui les commande. Ce sont des exécutants, des ouvriers spécialisés de l’ordre - celui qu’ils gardent, comme ceux qu’ils reçoivent - des RoboCops pilotés depuis la Place Beauvau. Un ordre est un ordre. Il rassure car il déresponsabilise, lobotomise ceux qui sont prêts à donner leur vie pour son maintien. Il évite le doute et la remise en cause. Il faut bien ça quand semaine après semaine, on contrôle, on gaze, on malmène, on frappe son voisin, sa voisine, quand on bouscule des citoyens qui gagnent guère plus ou guère moins que toi, des citoyens qui demandent juste un peu plus de justice fiscale, et aimeraient bien par la même occasion avoir le beurre, l’argent du beurre et pourquoi pas même, le cul de la crémière. Oui, tout n’est pas rose dans le mouvement jaune. Tout n’est pas rose non plus dans le pays à la bannière tricolore.

Quand un gouvernement n’a comme réponse que la violence pour tenter de discréditer un mouvement social long comme un crédit revolving, et soutenu à en croire les sondages, par la masse des non-manifestants, quand un gouvernement use de tous les artifices du maintien de l’ordre pour proposer aux chaines de télés des programmes en continu, acte après acte, week-end après week-end, des scènes d’émeutes, de voitures incendiées, de Fouquet’s aux stores carbonisés et d’hôpital « attaqué par des manifestants » comme dira un temps le Ministre de l’Intérieur. Plus tard, cet ancien joueur de poker reviendra sur ses propos et parlera tout de même « d’intrusion violente », un terme un poil mensonger au regard du mouvement de foule, de repli, provoqué par une charge virulente de police en direction de paisibles manifestants du 1er mai.

Quand on voit tout ça, quand on sait tout ça et que l’on imagine à tort ou à raison la difficulté, pour ne pas dire l’incapacité statutaire à la désobéissance de tout ou partie de nos fonctionnaires, on peut imaginer que cette appel maladroit au suicide, était une façon de dire stop à un état de fait, à cette violence répétée et instrumentalisée ; comme une personne peut parfois, tenter de mettre fin à ses jours en se tailladant les veines avec un couteau en plastique ou en avalant tout le contenu d’un tube d’aspirine effervescent. Les psys parlent alors d’appel au secours. Il ne s’agit peut-être donc au final que de ça, d’un appel au secours face aux dérives sécuritaires d’un gouvernement élu en partie par des hommes et des femmes qui ne validaient pas une politique mais refusaient avant tout l’arrivée de la représentante du Rassemblement NaZional à l’Elysée.

Au secours !

AVRIL 2019

Des Goudes à la Pointe Rouge, chaque week-end, quand sonne l’heure du retour, quand vient le moment d’abandonner ces paysages féeriques, ces bords de mer, les pieds dans l’eau et ses horizons à perte de vue, on roule au pas, pare-choc contre pare-choc pendant des kilomètres. C’est pourquoi, tout début mars, Martine Vassal, la présidente de la Métropole Aix-Marseille et du Département, flanquée d’Yves Moraine, le maire du secteur, a annoncé que pour résorber le trop plein de voiture, avait été décidé d’élargir la chaussée, de passer à deux voies au lieu d’une.

En un mot comme en cent, pour résorber les embouteillages dus aux voitures, notre élue en chef augmente la place faite aux voitures en supprimant de fait la piste cyclable existante alors que la loi l’incite à en construire une sur chaque nouvelle voie. J’en perds la mienne.

Ces spécialistes de l’appel d’air dès qu’il est question d’immigration, en oublient ici, leurs belles théories, dès que de voiture il s’agit. Mais, me diriez-vous pourquoi parler d’appel d’air quand c’est de gaz carbonique qu’il s’agit, de pollution, de futurs bouchons et de poumons encrassés. Car il faudra bien un jour futur, une fois ces deux voies saturées, raser quelques maisons, couper arbres et arbustes, pour goudronner encore et encore, et en tracer une troisième et qui sait même, une quatrième, alors que la voix de la sagesse, celle qui nous dit que le futur de notre monde est entre nos mains aujourd’hui, voudrait qu’on ne réitère pas les erreurs du passé quand feu notre maire, Gaston Deferre, qui n’était pas lui non plus à une gaffe près, décida de réduire ostensiblement le réseau de tramway, de l’anéantir ou presque pour privilégier la “totomobile”.

A Marseille, si on n’avait pas de pétrole, on avait déjà des idées, de bien dangereuses idées.

 

Des Goudes à la Pointe Rouge, pendant qu’on roule toujours au pas, d’autres marchent déjà sur la tête sans pour autant résoudre à long terme le problème des embouteillages… et de la pollution.

FÉVRIER 2019

Quelqu’un m’a dit - comme dit la chanson – que « le footballeur Emiliano Sala et son pilote avaient disparu en pleine mer » avant d’ajouter que « son club, le FC Nantes, n’avait même pas attendu qu’il soit repêché - mort ou vif - pour réclamer le montant convenu du transfert du buteur (17 millions d’euros) au Cardiff City FC ; alors que par milliers des hommes, des femmes et des enfants dont certains deviendront peut-être footballeurs, si les flots leur sont cléments ; cherchent à traverser les mers sans qu’aucun club ne songe à leur verser le moindre kopeck. »

Quelqu’un m’a dit que « le Président en exercice passait tant de temps sur l’écran plat de nos salons, qu’on songeait à lui confier la rubrique météo ou l’animation d’un jeu télévisé, tant il excelle dans l’art de faire la pluie et le beau temps sur les plateaux, manipulant - avec aisance ou sans vergogne (à chacun de voir) - les chiffres et les lettres. ».

Quelqu’un m’a dit que « de mémoire de manifestants, on n’avait rarement vu les forces de l’ordre bastonner et castagner avec autant d’acharnement des citoyens pacifiques, sous prétexte qu’une poignée d’excités, de casseurs participaient aux manifestations. ».

Quelqu’un m’a dit qu’« on avait même pondu des lois pour neutraliser ces casseurs et que nous simples citoyens risquions fort d’en payer les œufs cassés. ».

Quelqu’un m’a dit que « Zineb Redouane, une femme d’un certain âge, en fermant les fenêtres de son appartement jouxtant la Canebière, avait reçu un engin lacrymogène et était décédée à l’hôpital, sans que les CRS ne soient inquiétés puisque elle n’était pas officiellement morte des suites directes de la lacrymo. ».

Quelqu’un m’a dit qu« à Marseille, les avis de périls imminents (145 au moins en trois mois) et les arrêtés d’interdiction d’occuper continuaient de tomber comme des châteaux de cartes, si je peux dire, avait-il ajouté.».

Quelqu’un m’a dit que « ces verrues sont aujourd’hui plus que visibles et l’état de la ville plus que risible. ».

Quelqu’un m’a dit que « ni lui, ni ces colistiers et autres amis sur les bancs municipaux, ni les autorités à d’autres échelles, ne semblent avoir réellement saisi le traumatisme vécu par ces hommes et ces femmes de tous âges et les dérèglements profonds et souvent intimes du quotidien qu’il entraîne. ».

Quelqu’un m’a dit qu« il faudra bien que tôt ou tard et dans le strict respect des procédures, mais sans jouer la montre, les responsables de cet état de fait soient nommées, poursuivies et jugées. ».

Quelqu’un m’a dit que « des réquisitions d’appartements vides pourraient adoucir la vie des Délogés, mais que rien ne se passe. ».

Quelqu’un m’a dit que « le couple de manifestants molestés par Benalla avait été condamnées à 500 € d’amende pour avoir lancé une cruche à eau et un cendrier sur les forces de l’ordre alors qu’ils étaient sortis manger une crêpe. ».

Quelqu’un m’a dit que Benalla était toujours en liberté.

Quelqu’un m’a dit qu’au Japon, Carlos Goshn n’était, lui, pas sorti d’affaire.

Quelqu’un m’a dit que le printemps pointait déjà le bout de son nez.

Quelqu’un m’a dit tellement de mots, que sa logorrhée m’a fait tourner la tête au point d’en avoir envie de vomir. 

JANVIER 2019

A chaque nouveau cycle calendaire, son lot de bonnes résolutions.

A peine 2019 célébrée par moult feu d’artifices tout autour de la terre, que mes résolutions se lançaient tout schuss, dévalant à toute berzingue les pistes vertigineuses des premiers jours de janvier. En rhizomes, telles une tribu d’elfes phosphorescents se tenant par la main et zigzaguant à qui mieux-mieux, elles ont taillé par les deux bouts, ces nuits devenues trop longues ; annonçant de facto, un futur printemps et qui sait, peut-être même un été radieux.

Je succombais donc sans grand mal, grâce à une gymnastique de l’esprit quotidienne - un yoga de l’âme diront certain.e.s - appuyée par un régime à base d’algues et d’herbes, à la première de mes résolutions, à savoir : gagner en légèreté au sens propre comme au figuré, afin d’accroitre mon “bucolisme” naturel. Fini les verres à moitié vides, mes jours sont désormais chaque jour un peu plus long, un peu plus beau, un peu plus plusse !

La magnificence de la pensée positive rayonne enfin en moi. Ma bile ne se répand plus. Mes mots habituellement trempés dans l’encre noire de mes pensées, s’ébattent depuis ces fameux douze coups de minuit, dans une piscine d’eau de jasmin avec une grâce que seule Esther Williams, la sirène d’Hollywood, peut égaler. Le monde est amour et je loue déjà à chacune de mes rencontres et au plus offrant, les vertus et les mérites de ce nouveau cru, de cette année en neuf.

Je m’apprêtais donc pour ce premier édito de l’année écrit bien au chaud sous la couette, à vous parler copulation, à vous parler de la copulation des coléoptères, à vous narrer par le détail les folles nuits d’amour des coccinelles, scarabéidés et autres capricornes de Provence, à vous raconter les sensuelles préliminaires de ses bestioles pourvus de robustes élytres et de puissantes mâchoires plutôt que de vous dépeindre les révolutions ourdies aux ronds-points, aux péages et jusque dans les beaux quartiers de la capitale.

Je suis, dans les starting-blocks du bonheur, prêt pour un nouveau départ. 2019 a manifestement mis fin au cycle pernicieux des bad-news qui me plombaient jusqu’alors m’obligeant à surréagir comme si je devais accueillir en moi toute la misère du monde. Depuis, je visionne avec frénésie, je mâte - pour employer un verbe plus en accord avec les images - à foison des documentaires porn’animaliers, quand je ne chronomètre pas, à la seconde près, les coïts de ces petites bêtes à bon dieu.

Je suis au top. Le ciel est bleu et le soleil radieux.

Mais un mail, un pauvre mail petit mail, est venu tout chambouler. Comme à la foire ! Patatrac ! Un mail par lequel j’apprenais qu’à l’heure où démarrait le match de Coupe de France opposant les équipes de l’OM et d’Andrézieux au Chaudron (petit nom du Stade Geoffroy-Guichard) avec le score final que l’on sait, notre maire Jean-Claude Gaudin avait quitté Saint-Etienne pour « se rendre immédiatement sur le port des Goudes. Il a retrouvé sur place Yves Moraine, maire des 6ème et 8ème arrondissements et a rencontré les habitants et les représentants du CIQ du quartier. ».

En effet, un terrible incendie a la veille, dans la nuit de samedi à dimanche, brulé ou fondu une trentaine de bateaux sans faire fort heureusement, la moindre victime parmi les usagers du port, ses habitants ou les marins-pompiers venus combattre le feu.

Avec ce sens de la mesure qui lui est propre, notre maire a pu cette fois-ci constater de visu que la pluie n’y était pour rien. C’est déjà ça. 

Heureusement qu’en 2019, j’ai décidé de ne plus me cancériser la vie, de prendre sur moi, de chercher à sublimer, d’embrasser montagnes et cours d’eau, d’enlacer arbres, de trouver des solutions plutôt que de chercher des noises. Heureusement…

DÉCEMBRE 2018

A la suite des débordements et de la violence qui ont émaillé les manifestations de ces derniers jours à Marseille comme dans toute la France, Don Vito Squaaly, a décidé de reporter l’édito de décembre à janvier afin de permettre à la vie éditoriale de se dérouler dans des conditions démocratiques normales. 

En ces temps perturbés, je tiens à vous rappeler que je suis Parrain à Vie du Nomad’ Café, ce qui n’est pas le cas d’autres personnages influents qui ne sont là que grâce à votre suffrage. La prochaine fois, pensez-y au moment de glisser un bulletin (ou pas) dans l’urne !

NOVEMBRE 2018

Faire le pont et se réveiller un lundi avec le murmure qu’un bout de mur est encore tombé dans la nuit, que les indiens de la Plaine ont un instant au moins, trouvé une faille dans cette place transformée en Fort Alamo en béton, en camp sans mirador. Cette enceinte aux épais murs résume mieux qu’un long discours le manque de concertation qui a précédé les travaux de requalification de l’espace urbain, sur la plus grande place de la ville aux 111 villages. Faire le pont, se réveiller et sourire, parce que, même si la cavalerie finit souvent, voire toujours par gagner; les indiens, je ne sais pourquoi, sont depuis toujours et irrémédiablement mes amis, mes frères de calumet.

Faire le pont et se réveiller un lundi sous la poussière et les gravats, empli de colère sonnante et trébuchante, de rage criarde et en vouloir à la terre entière, à la pluie, à ces maisons délabrés qui s’affaissent sous leur poids, à ces immeubles-frères de sort, à ces logis-béquilles adossés les uns aux autres, à ce quartier oublié, délaissé, à ce quartier auquel on pensera un jour, quand nos décideurs aux réflexes fatigués dès qu’il s’agit du bien public et de la sécurité de tous, jugeront que l’heure est enfin venue. « Rien ne presse, il y a si peu d’électeurs ici » pensent-ils, cyniques. Si la grande faucheuse n’a pour l’instant - dans la nuit de lundi à mardi - emporté personne, le nombre de portés disparus laisse tout de même présager de cruelles heures dans les jours à venir. Des heures, qui dureront une éternité pour ceux qui ont perdu leurs proches sous ces débris et leurs raisons d’être dans la poussière.

Faire le pont et se réveiller un lundi en cherchant un sens à tout ça, en se demandant comment des êtres humains sont probablement morts sous les décombres d’un immeuble dont l’insalubrité et la dangerosité ont été signalées depuis des lustres. Comment cela a-t-il été possible alors qu’on sait réparer dans l’instant une navette spatiale a des milliers de kilomètres de la croute terrestre, et qu’on peut décider en un quart de seconde de dépenser des centaines de milliers d’euros pour construire un mur qu’on défendra ensuite coute que coute à coups de gaz lacrymogènes et de matraques dans le seul but d’imposer un espace estimé avant lancement des travaux à 20.000.000 d’euros et présenté sur papier glacé comme un havre de paix, un lieu de partage et d’échange.

P… de lundi !

 

Aujourd’hui mardi 6 novembre, le ciel de Marseille pleure. Si l’heure est au déblaiement et au recueillement, viendra celle attendue des questions et des réponses. Chacun devra assumer ses responsabilités sans se camoufler derrière le paravent élimé du Marseille bashing ! Ce n’est plus possible, la coupe est Plaine !

OCTOBRE 2018

Lundi 25 septembre 2018, il y a tout juste une semaine, au large des côtes libyennes, l’Aquarius, recueillait 58 personnes en danger de mort, comme impose le code maritime à tout navire à proximité d’un naufrage en cours, sans avoir à se poser la moindre question quant au statut des personnes sauvées.

Ces 58 rescapés n’ont pu toucher terre qu’hier dimanche, après 6 jours de navigation. C’est finalement Malte qui les a accueilli temporairement au prix d’une concertation entre huiles des différents pays de la Méditerranée européenne. Il faut savoir que même par gros temps, les huiles surnagent toujours.

Ces 58 personnes dont 17 femmes et 18 mineurs, épuisées, traumatisées pour certain.e.s, auraient pu rêver, espérer un peu de cette fraternité qui s’affiche sur les frontons de nos mairies et écoles, et vient ponctuer l’article premier de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, à savoir : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. ». Agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité… Tout est dit… ou presque. Car, dans la foulée, le navire a perdu son pavillon panaméen après un coup de pression à froid et non moins diplomatique des autorités italiennes sur leurs homologues d’Amérique centrale. Encore une histoire d’huile !

Sans immatriculation, donc fantôme aux yeux de la législation maritime, l’Aquarius est condamné à rester à quai. Quand aux prochains naufragés, ils devraient eux, trouver la mort en pleine mer parce que des terres inhospitalières les ont poussé à fuir, tandis que d’autres pas plus hospitalières, leur dénient le droit d’entrée.

Si pour toi aussi, la fraternité n’est pas un mot vidé de sens, un mot qu’on exhibe pour faire bien, sans en connaitre réellement le sens, tu peux signer la pétition mise en ligne par les deux associations humanitaires présentes à bord de l’Aquarius (lien en bas de page), pour demander à tous les Etats d’Europe de respecter l’obligation de sauvetage en mer, un impératif qui doit primer sur toute considération d’ordre politique, dans le respect du droit international » précise le texte à signer.

Il est aussi possible de financer le navire et les équipes à bord via les comptes respectifs de chacune des associations.

En attendant et pour se rassurer – ou pas - quand à l’état de notre monde, il est bon de savoir comme vient de nous l’apprendre l’O.N.G. Oxfam, que 82% des richesses créées en  2017, l’ont été au profit de seulement 1% de la population mondiale, 1% qui ne rame que rarement et ne se noient jamais.

Dans ce cas là, je ne garantis malheureusement pas sur facture les vertus d’une quelconque pétition, il faudra peut-être trouver d’autres moyens de pression. Attention terrain glissant !

https://you.wemove.eu/campaigns/sauvons-l-aquarius-et-le-sauvetage-en-mer

SEPTEMBRE 2018

Il en rêvait ; on lui a refusé. Trump ne fera donc pas sa grande parade militaire sur une des larges avenues de Washington pour célébrer en novembre prochain, le centenaire de l’Armistice signé entre l’Allemagne et les Alliés (France, Empire russe, Empire britannique, Italie et Etats-Unis), idée qui avait germé dans la tête de Donald et sur les Champs Elysées, un certain 14 juillet 2017.

La raison de ce camouflet porté à la face et au toupet orangé du Président des Etats-Unis est le coût de la parade jugé trop cher par les experts économiques de la première ou deuxième puissance financière au monde (selon les critères retenus). Un militaire américain s’est même permis de qualifier avec dédain cette envie de défilé : « de connerie de pays du Tiers-Monde. ».

Trop cher donc, et nous, ici, plus bas dans le classement des puissances financières, nous continuons année après année à faire défiler nos troupes en ordre de marche et au pas, camarade.

C’est sans doute cela l’esprit gaulois cher à notre Président… Une raison de plus de se ravir d’être celte, romain, ligure, germain, mais aussi arménien, amazigh, slave, arabe, bantou, dogon, kurde, cachemiri… ou plus probablement aujourd’hui, né.e d’une combinaison de ceux-là ou d’autres encore, et pas gaulois ou pas que gaulois comme on n’a toujours voulu nous le faire croire.

 

JUILLET 2018

Ici, je n’ai pas pour habitude de commenter les décisions de justice. Ici, je n’ai pas d’habitude du tout, sauf peut-être celle de vilipender les vieux de tous les bords qui ne veulent pas laisser leur place. Il faudra d’ailleurs prochainement penser à me trouver un successeur.

Mais avant d’y songer, revenons sur cette décision de justice dont on a eu vent hier, dimanche 8 juillet. Des juges d'instruction auraient stipulé dans une ordonnance datée du 28 juin, la saisie pénale d'une somme de 2 millions d’euros dans le cadre de l'affaire des assistants présumés fictifs d’euro-députés FN, en vue de la possible réparation du préjudice au détriment du Parlement européen.

 

Cette somme devait être versée aujourd’hui, lundi 9 juillet, au parti nouvellement rebaptisé Rassemblement National au titre du financement de la vie politique. L’aboyeuse en chef du parti d’extrême-droite n’a pas tardé à vagir sur twitter  « qu’on leur appliquait la peine de mort à titre conservatoire... ».

La peine de mort ? Où est le problème, je croyais qu’elle était pour ?

PS : Au fait, ne pas avoir d’habitude n’est-elle pas une habitude ? Vous avez trois heures... et tout un été, je relève les copies à la rentrée !

 

JUIN 2018

La Nation reconnaissante !
La nationalité dans la majorité des cas, te tombe dessus à la naissance, sans que tu n’aies rien d’autres à faire qu’à l’endosser. Alors, quand, aujourd’hui, elle est assimilée à une médaille, à une récompense, on semble marcher sur la tête et revivre quelques épisodes peu glorieux de l'histoire de l'humanité. Yabon, la nationalité !

 

Heureusement pour Mamoudou Gassama, le gamin sauvé du vide est français. Sans quoi cet intrépide grimpeur aurait au mieux à faire avec la justice, au pire serait déjà en zonzon, sans passer dans aucun des deux cas par la case naturalisation.

C’est aussi ainsi qu’on vit aujourd’hui en douce France, cher pays de mon enfance et malheureusement aussi République Banania !

 

PS : A ta manière aussi, tu peux être un héros : sauve des vies de la noyade en soutenant financièrement SOS Méditerranée.

Pour cela clique ici.

MAI 2018

« Mai aurait trop de fériés… », me dit-on. Et si c’était les autres mois de l’année qui n’en avait pas assez ? Et si ces ponts qui enjambent le joli mois de mai n’étaient que les prémices d’une saine et équitable redistribution des dividendes de la croissance.

Et si le temps libre, le temps choisi et partagé avec les gens que l’on aime valait plus que tous les indices boursiers. Qu’attendons nous pour intégrer aux bilans annuels des économies de nos pays, les nombre de barbecues partagés, de livres lus, de farniente assumées et de siestes crapuleuses crapulées ?

Faisons-nous confiance et vivons heureux puisqu’en mai, il est de bon ton de faire ce qui nous plait !

AVRIL 2018

Sans préavis, il est vrai, samedi dernier, premier jour de ce nouveau mois, je me déclarais unilatéralement et sans équivoque possible en grève ! En grève d’édito ! En grève par solidarité avec les cheminots. En grève par solidarité avec les étudiants délogés à Montpellier par des milices d’extrême droite ! En grève par solidarité avec les étudiants qui partout en France sont solidaires des étudiants montpelliérains ! En grève avec tout ceux qui sont en grève et pour qui ça a du sens et surtout un impact.

Ma grève, samedi, n’a pris personne en otage. Faut dire que samedi, le Nomad Café était vide. Reconduite dimanche parce qu’il n’y a pas de raison, ma grève n’a même pas été relayée dans l’édition dominicale du J.T. de France Trois Méditerranée. On préférait y parler œufs en chocolats et autres bondieuseries pascales. Lundi, alors que ma grève entamait son troisième jour consécutif, rien, toujours rien pas même un mot du pape dans son homélie improvisée lors de la messe rituelle place Saint-Pierre. Mardi, enfin, un premier coup de fil, une première réaction. Julien V. (son nom a été escamoté pour ne pas faire de cette histoire, une affaire personnelle) me rappelle gentiment à l’ordre me faisant remarquer que nous sommes, lui comme moi, déjà le 3 du mois et que la niouzletter (dans un franglais dont je lui laisse la responsabilité), du Nomad Café disait-il n’est toujours pas partie, faute d’édito.

M’arc-boutant sur la législation du travail, tel Zorro chevauchant Tornado cabré sur ses pattes arrière, je brandis dans la douce clarté du matin, les articles du code du travail quant au droit de grève et à son respect. Il éclate de rire et me rétorque derechef : ah oui ta grève… très drôle ton poisson d’avril !

Ce matin, mercredi 4 avril, j’ai repris le travail !

MARS 2018

Au delà de la joie des médaillés, l’histoire mettra au crédit des Jeux Olympiques de Pyeongchang, la reprise du dialogue intercoréen. Plus de 45 ans après la “diplomatie du ping-pong” qui avait permis à la République Populaire de Chine et aux Etats-Unis d’Amérique de prendre langue (et plus si aff’), la diplo’ du OK sur glace a validé ce rapprochement inattendu, en ne présentant qu’une seule équipe d’hockeyeuses pour les deux Corée.

Tokyo en 2020, Pékin en 2022 et Paris en 2024, pour ne prendre que les trois prochaines Olympiades, devraient nous réserver quelques belles surprises.

Qui pour miser deux sous sur le confinement et la neutralisation de toutes les armes nucléaires négocié lors de la finale du saut de mouton à cinq pattes, dans les environs d’Hiroshima ?

Qui pour croire que les éliminatoires du curling, le 7 juillet 2020, place Tian’anmen, profitera aux peuples de Chine ?

Qui pour parier ses boutons de culotte sur la présence d’une équipe corse lors des compétitions de golf, pendant que d’autres militeront en secret pour le retour dans l’arène monétaire européenne des citoyens de Sa Majesté la Queen of the United Kingdom ?

Si sport et diplomatie et par extension sport et économie font désormais lit commun, on est en droit d’espérer que les prochains classicos OM-PSG soient le terrain, dans les coulisses du Stade Vélodrome ou du Parc des Princes, d’âpres négociations pour un juste rééquilibrage des investissements de l’Etat dans chacune de ces deux villes.

 

FÉVRIER 2018

« Je me souviens » répétait à l’envi Georges Perec. Je me souviens qu’à la fin du siècle dernier quand furent débattus au Parlement et au Sénat, les articles de la loi sur le réforme du temps de travail, quelques esprits chagrins criaient à la fin de notre fameux modèle économique. Votée puis promulguée à compter de l’an 2000, la loi devenue obligatoire en 2002 ravit depuis les amateurs de RTT sans avoir plongé pour autant notre économie dans des fonds abismaux, ni fait disparaître en contrepartie le chômage, il est vrai. Pour oser espérer faire croire à la fin de ce dernier, il faut au moins être homme politique en campagne, mais ça c’est une autre histoire.

Je me souviens qu’un peu plus tard, le slogan « travailler plus pour gagner plus » tenta de gangrener nos esprits lascifs par nature, de renverser la vapeur, de faire marche arrière. Las, on ajusta, pondéra, mais la loi demeura en l’état. En 2014, la ville suédoise de Göteborg s’essaya bien aux 30h de travail hebdo’ pour ses employés municipaux sans qu’on en connaisse les effets. Depuis, plus rien.

Ce qu’on ne sait pas, c’est que depuis quelques années voire décennies, Marseille est terre d’expérimentation. Qu’ici, à l’ombre des pins paresseux et des cameras des JiTé du 20h, on innove ; bousculant les schémas ancestraux en tentant d’élaborer d’inventives et inédites stratégies de production. La ville blanche et bleue qui n’a connu que trois Maires depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale, est semble-t-il en “loussdé” l’hypocentre de la révolution sociale à venir. Oui, d’ici quelques années nous ne devrions plus travailler qu’une semaine sur deux. Nos organismes sont manifestement prêts à supporter ce bouleversement. Des études – sommaires, pour l’instant - tendraient à prouver que notre récupération et notre concentration sont bien meilleures quand, entre deux périodes de labeurs, nous alignons 9 jours et 10 nuits, plutôt qu’un week-end forcément trop court. « Aucun contrecoup, aucun effet indésirable pour l’instant n’ont été signifiés » attestent les experts qui dans certains services de la mairie, se sont penchés sur cette expérimentation in vivo. Si, comme le chantait Henri Salvador : « le travail c’est la santé, ne rien faire c’est la conserver », on ne peut-être que rassuré quant à l’état médical de ces employés de mairie.

Reste la question de la productivité à la lueur de laquelle il faudra bien aussi examiner tôt ou tard ce chamboulement chronobiologique. Manifestement, la ville semble bon an mal an mener son petit bonhomme de chemin. Les opposants à notre Bouteflika local pointeront les agissements lacunaires, les errements et les dysfonctionnements de certaines équipes municipales, tandis que ses supporters se raviront que Marseille soit la base nautique des J.O. de Paris par exemple avant d’ajouter « Si Jean-Claude a chaque année, le temps d’assister à la traditionnelle bénédiction du four des navettes à la Chandeleur, c’est que tout va pour le mieux ici. ». Les uns comme les autres finiront par tomber d’accord sur le fait que depuis le temps, rien ne s’est catastrophiquement aggravé, ni franchement amélioré et que ce n’est pas la réduction drastique du temps de travail qui a changé la donne. C’est comme ça que depuis la Libération, rien ne change ici. C’est bien qu’on doit nous aussi y trouver notre compte.

JANVIER 2018

La boucle est bouclée… 365 jours et puis 2017 s’en va… « Le roi est mort, vive le roi ! » comme on disait avant de circoncire par le haut Louis XVI. Alors, accueillons à bras ouverts et à tue-tête 2018 et ses 365 nouveaux jours et ne nous méprenons pas, l’heure n’est plus à la décapitation.

 

Aucune tête n’est tombée… pas même celle dodelinante de Trump, l’auto-proclamé « génie stable… », pour qui la dernière vague de froid aux Etats Unis (-38 dans certains endroits) vient contredire l’idée même de réchauffement climatique. La banquise n’a qu’à bien se tenir ! Quant à nous, joyeux terriens, il ne nous reste plus qu’à faire confiance aux effets de nos intelligences conjuguées et de nos envies partagées pour reprendre les rênes de notre avenir, pour construire un monde d’amours, de passions et d’échanges.

ESPACE CULTUREL MÉDITERRANÉE

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